Chapitre 2 : Nombres complexes
I. Construction de l'ensemble ℂ
Procédé : on invente une solution $i$, telle que $i=\sqrt{-1}$, à l'équation $x^2+1=0$.
- Addition : $$(a_1+b_1i)+(a_2+b_2i) = (a_1+a_2)+(b_1+b_2)i$$
- Multiplication : $$(a_1+b_1i)\times(a_2+b_2i) = a_1a_2-b_1b_2+(a_1b_2+b_1a_2)i$$
- est associative : $(z_1+z_2)+z_3=z_1+(z_2+z_3)$ ;
- est commutative : $z_1+z_2=z_2+z_1$ ;
- admet un élément neutre : le nombre $0_{\mathbb{C}}=0_{\mathbb{R}}+0_{\mathbb{R}}i$ vérifie $z+0_{\mathbb{C}}=z$ pour tout $z$ ;
- est telle que chaque nombre complexe admet un opposé : si $z=a+bi$ avec $a,b$ réels, alors $z+(-a+(-b)i)=0_{\mathbb{C}}$, ce nombre étant noté $-z$.
- est associative ;
- est commutative ;
- admet pour élément neutre le nombre $1_{\mathbb{C}}=1_{\mathbb{R}}+0_{\mathbb{R}}i$ ;
- est telle que chaque $z\in\mathbb{C}$ non nul admet un inverse.
II. Résolution des équations du second degré dans ℂ
1) Racines carrées d'un nombre complexe
Cas $B=0$ (c.-à-d. $Z\in\mathbb{R}$) : la 2e équation devient $2ab=0$, donc $a=0$ ou $b=0$.
- si $a=0$ : la 1re équation devient $A=-b^2$, qui impose $A\leqslant 0$ et $b=\pm\sqrt{-A}$ ;
- si $b=0$ : la 1re équation devient $A=a^2$, qui impose $A\geqslant 0$ et $a=\pm\sqrt{A}$.
Bilan du cas $B=0$ : un nombre réel $Z=A$ admet deux racines carrées complexes, opposées, qui sont : $$\begin{cases}\pm\sqrt{A} &\text{si } A\geqslant 0\\ \pm i\sqrt{-A} &\text{si } A\leqslant 0\end{cases}$$
Cas $B\neq 0$ : la 2e équation $2ab=B\neq 0$ impose $a\neq 0$ et $b\neq 0$. On pose le changement d'inconnue $\alpha=a^2\geqslant 0$. En substituant $b=\dfrac{B}{2a}$ dans la 1re équation, on obtient (après réduction au même dénominateur puis multiplication par $4a^2$) : $$4\alpha^2-4A\alpha-B^2=0$$ dont on cherche les solutions réelles positives. Discriminant réduit : $16A^2+16B^2>0$ (strictement, car $Z\neq 0$). Les solutions sont $$\alpha=\frac{4A\pm4\sqrt{A^2+B^2}}{8}=\frac{1}{2}\left(A\pm\sqrt{A^2+B^2}\right)$$ Comme $\sqrt{A^2+B^2}\geqslant |A|$, seule la racine avec le signe $+$ est positive (donc recevable pour $\alpha=a^2$) : $$\alpha=\frac{1}{2}\left(A+\sqrt{A^2+B^2}\right)\geqslant 0$$
Bilan du cas $B\neq 0$ : le nombre $Z=A+iB$ admet deux racines carrées, opposées, qui sont : $$\pm\left(\sqrt{\tfrac{1}{2}\left(A+\sqrt{A^2+B^2}\right)} \;+\; i\,\frac{B}{2\sqrt{\tfrac{1}{2}\left(A+\sqrt{A^2+B^2}\right)}}\right) = \pm\frac{1}{\sqrt2}\left(\sqrt{A+\sqrt{A^2+B^2}} \;+\; i\,\frac{B}{\sqrt{A+\sqrt{A^2+B^2}}}\right)$$
2) Équation générale du second degré
Soit $a,b,c$ des nombres réels ou complexes avec $a\neq 0$. On cherche à résoudre l'équation $(E) : az^2+bz+c=0$, où $z$ est l'inconnue. Posons $P(z)=az^2+bz+c$ (polynôme du second degré).
- si $\Delta\geqslant 0$ : on retrouve le résultat vu en cours de 1re (racines réelles) ;
- si $\Delta<0$ : alors $\delta$ est un imaginaire pur, de la forme $\delta=i\sqrt{-\Delta}$.
- $z^2+z+1=0$ : $\Delta=1-4=-3$. Ses racines carrées sont $\pm i\sqrt3$. Les solutions sont $z=\dfrac{-1\pm i\sqrt3}{2}$.
- $z^2-z+1=0$ : $\Delta=1-4=-3$. Ses racines carrées sont $\pm i\sqrt3$. Les solutions sont $z=\dfrac{1\pm i\sqrt3}{2}$.
- $z^2+2z+i=0$ : $\Delta=2^2-4\times 1\times i=4-4i=4(1-i)$.
On cherche $\delta=a+bi$ tel que $\delta^2=4(1-i)$, c.-à-d. $a^2-b^2=4$ et $2ab=-4$. On trouve $a^2+b^2=\sqrt{4^2+4^2}=4\sqrt2$ (module de $4(1-i)$), d'où $a^2=2+2\sqrt2$ et $b^2=2\sqrt2-2$, soit $\delta=\sqrt2\left(\sqrt{1+\sqrt2}-\dfrac{i}{\sqrt{1+\sqrt2}}\right)$.
Les solutions de $(E)$ sont donc $$z=-1\pm\left[\frac{\sqrt2}{2}\sqrt{1+\sqrt2}\;-\;i\,\frac{\sqrt2}{2\sqrt{1+\sqrt2}}\right]$$ (le signe $\pm$ porte sur le crochet entier, pas sur la seule partie réelle).
III. Application : suites récurrentes linéaires d'ordre 2
Objectif : résoudre les équations de récurrence linéaires d'ordre 2, homogènes, à coefficients constants (EDL2 à coefficients constants).
- Si $r_1\neq r_2$ : les solutions de $(E)$ sont les suites $(\lambda\, r_1^n+\mu\, r_2^n)_{n\in\mathbb{N}}$ où $(\lambda,\mu)\in\mathbb{R}^2$ ou $\mathbb{C}^2$ (selon que l'on cherche les suites réelles ou complexes).
- Si $r_1=r_2$ (discriminant de l'équation caractéristique nul) : les solutions de $(E)$ sont les suites $\big[(\lambda n+\mu)\,r_1^n\big]_{n\in\mathbb{N}}$ où $(\lambda,\mu)\in\mathbb{R}^2$ ou $\mathbb{C}^2$.
- $u_{n+2}-3u_{n+1}+2u_n=0$ : équation caractéristique $z^2-3z+2=0$, $\Delta=9-8=1>0$, racines $z_1=\dfrac{3-1}{2}=1$, $z_2=\dfrac{3+1}{2}=2$.
Solutions de $(E)$ : $(\lambda+\mu\,2^n)_{n\in\mathbb{N}}$, $(\lambda,\mu)\in\mathbb{R}^2$ ou $\mathbb{C}^2$. - $u_{n+2}+u_{n+1}+u_n=0$ : équation caractéristique $z^2+z+1=0$, $\Delta=1-4=-3<0$, ses racines carrées sont $\pm i\sqrt3$, donc les racines caractéristiques sont $\dfrac{-1\pm i\sqrt3}{2}$.
Solutions de $(E)$ : $\left(\lambda\left(\dfrac{-1-i\sqrt3}{2}\right)^n+\mu\left(\dfrac{-1+i\sqrt3}{2}\right)^n\right)_{n\in\mathbb{N}}$, $(\lambda,\mu)\in\mathbb{R}^2$ ou $\mathbb{C}^2$.
Exemple : $y''+3y'+2y=0$ : équation caractéristique $z^2+3z+2=0$, $\Delta=9-8=1>0$, racines $r_1=-1$, $r_2=-2$. Les solutions sont $t\mapsto \lambda\mathrm{e}^{-t}+\mu\mathrm{e}^{-2t}$ ($\lambda,\mu$ constantes).
1. Par double inclusion — sens direct. Prenons $u_n=r_i^n$ où $i\in\{1,2\}$. Alors : $$a\,u_{n+2}+b\,u_{n+1}+c\,u_n = a\,r_i^{n+2}+b\,r_i^{n+1}+c\,r_i^n = r_i^n\underbrace{\left(a\,r_i^2+b\,r_i+c\right)}_{=0} = 0$$ donc $(r_i^n)_{n\in\mathbb{N}}$ est solution de $(E)$, pour $i\in\{1,2\}$. Comme $(E)$ est linéaire et homogène, toute combinaison linéaire $(\lambda r_1^n+\mu r_2^n)_{n\in\mathbb{N}}$ est encore solution.
2. Réciproquement. Soit $(u_n)_n$ une suite solution de $(E)$. Puisque $r_1\neq r_2$, l'un des deux (au moins) est non nul ; quitte à les intervertir, on suppose $r_1\neq 0$, et on pose $v_n=u_n\,r_1^{-n}$.
En multipliant par $r_1^2$ : $a\,r_1^2\,v_{n+2}+b\,r_1\,v_{n+1}+c\,v_n=0$. Or, $r_1$ et $r_2$ étant racines de $az^2+bz+c=0$, les relations coefficients–racines donnent $b=-a(r_1+r_2)$ et $c=a\,r_1r_2$. En substituant puis en divisant par $a\,r_1\neq 0$ : $$r_1\,v_{n+2}-(r_1+r_2)\,v_{n+1}+r_2\,v_n=0 \iff r_1(v_{n+2}-v_{n+1})=r_2(v_{n+1}-v_n)$$ c.-à-d. $$v_{n+2}-v_{n+1}=\frac{r_2}{r_1}(v_{n+1}-v_n)$$ La suite $(v_{n+1}-v_n)_n$ est donc géométrique de raison $\dfrac{r_2}{r_1}$. En notant $\alpha=v_1-v_0$ : $$v_{n+1}-v_n=\alpha\left(\frac{r_2}{r_1}\right)^n$$
Télescopage. En sommant ces égalités pour $k=0,\dots,n-1$ (rappel : somme des termes d'une suite géométrique de raison $q\neq 1$, $\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1}q^k=\frac{1-q^n}{1-q}$) : $$v_n-v_0=\sum_{k=0}^{n-1}\alpha\left(\frac{r_2}{r_1}\right)^k = \alpha\,\frac{1-\left(\frac{r_2}{r_1}\right)^n}{1-\frac{r_2}{r_1}}$$ D'où, en revenant à $u_n=v_n\,r_1^n$ et en regroupant les constantes : $$u_n = v_0\,r_1^n+\frac{\alpha}{1-\frac{r_2}{r_1}}\left(r_1^n-r_2^n\right) = \beta\,r_1^n+\gamma\,r_2^n$$ avec $\beta,\gamma$ constantes. Ceci achève la preuve dans le cas $r_1\neq r_2$.
On sait que $u_n=\alpha(-1+3i)^n+\beta(-1-3i)^n$ pour deux constantes $\alpha,\beta$. Les conditions initiales donnent : $$\begin{cases}0=u_0=\alpha+\beta\\1=u_1=\alpha(-1+3i)+\beta(-1-3i)\end{cases} \iff \begin{cases}\beta=-\alpha\\1=\alpha\big[(-1+3i)-(-1-3i)\big]=6i\alpha\end{cases}$$ d'où $\alpha=\dfrac{1}{6i}=-\dfrac{i}{6}$ et $\beta=\dfrac{i}{6}$.
Bilan : l'unique suite satisfaisant la relation de récurrence et les conditions initiales est $$\left(-\frac{i}{6}(-1+3i)^n+\frac{i}{6}(-1-3i)^n\right)_{n\in\mathbb{N}}$$
IV. Écriture exponentielle d'un nombre complexe
1) Définition et propriétés algébriques
Pour $z=x+iy$ ($x,y\in\mathbb{R}$), on pose $\mathrm{e}^z=\mathrm{e}^x\times\mathrm{e}^{iy}=\mathrm{e}^x\cos(y)+i\,\mathrm{e}^x\sin(y)$.
Réponse — $\mathrm{e}^z\times\mathrm{e}^{-z}=\mathrm{e}^{z+(-z)}=\mathrm{e}^0=1$. Donc $\mathrm{e}^z\neq 0$ et $\dfrac{1}{\mathrm{e}^z}=\mathrm{e}^{-z}$.
2) Module d'un nombre complexe
Exemples : $|2+i|=\sqrt{2^2+1^2}=\sqrt5$ ; $\;|3+4i|=\sqrt{3^2+4^2}=\sqrt{25}=5$.
- $|z_1\times z_2|=|z_1|\times|z_2|$
- $|z|=0 \iff z=0$
- si $z\neq 0$, $\left|\dfrac{1}{z}\right|=\dfrac{1}{|z|}$
- (inégalité triangulaire) $|z_1+z_2|\leqslant|z_1|+|z_2|$
3) Conjugué d'un nombre complexe
- pour $z\neq 0$ : $\dfrac{1}{z}=\dfrac{\bar z}{|z|^2}$ (car $|z|^2=z\bar z$) ;
- $\overline{z_1+z_2}=\bar z_1+\bar z_2$, $\;\overline{z_1\times z_2}=\bar z_1\times\bar z_2$, $\;\overline{-z}=-\bar z$, $\;\overline{\left(\dfrac1z\right)}=\dfrac1{\bar z}$ ;
- $|\bar z|=|z|$ ;
- $z\in\mathbb{R}\iff \bar z=z$, et $z\in i\mathbb{R}\iff\bar z=-z$ ;
- $\overline{\mathrm{e}^z}=\mathrm{e}^{\bar z}$ (démonstration ci-dessous).
4) Argument et forme exponentielle générale
Autrement dit : si $\rho_1\mathrm{e}^{i\theta_1}=z=\rho_2\mathrm{e}^{i\theta_2}$ avec $\rho_1,\rho_2>0$ et $\theta_1,\theta_2$ réels, alors $\rho_1=\rho_2$ et il existe $k\in\mathbb{Z}$ tel que $\theta_1-\theta_2=2k\pi$.
5) Exemples de mise sous forme exponentielle
- $z=-1+i$ : $|z|=\sqrt2$, $\dfrac{z}{|z|}=\dfrac{-1}{\sqrt2}+\dfrac{1}{\sqrt2}i=\cos\!\left(\dfrac{3\pi}{4}\right)+i\sin\!\left(\dfrac{3\pi}{4}\right)$, donc $z=\sqrt2\,\mathrm{e}^{i\,3\pi/4}$.
- $z=\dfrac{1}{1+i}$ : $1+i=\sqrt2\,\mathrm{e}^{i\pi/4}$, donc $z=\dfrac{1}{\sqrt2}\,\mathrm{e}^{-i\pi/4}$. On vérifie par une autre méthode : $z=\dfrac{1-i}{(1+i)(1-i)}=\dfrac{1-i}{2}$, d'où $|z|=\sqrt{\tfrac14+\tfrac14}=\dfrac{1}{\sqrt2}$ et $\dfrac{z}{|z|}=\dfrac{\sqrt2}{2}-i\dfrac{\sqrt2}{2}=\mathrm{e}^{-i\pi/4}$.
- $z=\sqrt3+i$ : $|z|=\sqrt{3+1}=2$, $\dfrac{z}{|z|}=\dfrac{\sqrt3}{2}+\dfrac12 i=\cos\!\left(\dfrac{\pi}{6}\right)+i\sin\!\left(\dfrac{\pi}{6}\right)$, d'où $z=2\,\mathrm{e}^{i\pi/6}$.
- $z=1+2i$ : $|z|=\sqrt5$, $\dfrac{z}{|z|}=\dfrac{1}{\sqrt5}+\dfrac{2}{\sqrt5}i$, soit $z=\sqrt5\,\mathrm{e}^{i\arccos(1/\sqrt5)}=\sqrt5\,\mathrm{e}^{i\arcsin(2/\sqrt5)}$, avec $\theta=\arctan(2)$ (car $\tan\theta=\dfrac{\sin\theta}{\cos\theta}=\dfrac{2/\sqrt5}{1/\sqrt5}=2$).
6) Transformation de l'angle moitié
V. Plan complexe
On rapporte le plan euclidien usuel à un repère orthonormé $(O,\vec\imath,\vec\jmath)$. À un nombre complexe $z$, on associe son image $M$ dans le plan, qui est le point de coordonnées $\big(\mathrm{Re}(z),\mathrm{Im}(z)\big)$.
Alors, pour $z$ d'image $M$ :
- $|z|=OM$ ;
- $\arg(z)=(\vec\imath,\overrightarrow{OM})$ ;
- le point $M'(\bar z)$ est le symétrique de $M(z)$ par rapport à l'axe des réels $(O,\vec\imath)$.
Quiz de fin de chapitre
Pour tout réel $x$, $x^2\geqslant 0$, donc $x^2+1\geqslant 1>0$ : l'équation n'a aucune solution réelle. On invente alors un nombre $i$ (non réel) vérifiant $i^2=-1$, ce qui donne naissance à l'ensemble $\mathbb{C}$ des nombres $a+bi$.
Le neutre est $1_{\mathbb{C}}=1_{\mathbb{R}}+0_{\mathbb{R}}i$. Si $z=a+bi\neq 0$, alors $a^2+b^2\neq 0$, ce qui permet de définir $z^{-1}=\dfrac{a}{a^2+b^2}-\dfrac{b}{a^2+b^2}i$, et l'on vérifie que $z\times z^{-1}=1$.
$\Delta=16-52=-36<0$. Ses racines carrées sont $\pm 6i$. Les solutions sont $z=\dfrac{4\pm 6i}{2}=2\pm 3i$.
Ici $A=-9\leqslant 0$ (cas $B=0$), donc les racines carrées sont $\pm i\sqrt{9}=\pm 3i$.
Si $\Delta<0$, sa racine carrée $\delta=i\sqrt{-\Delta}$ est un imaginaire pur. Les solutions $z=\dfrac{-b\pm\delta}{2a}$ ont donc la même partie réelle $-\dfrac{b}{2a}$ (réelle, car $a,b$ réels) et des parties imaginaires opposées : elles sont bien conjuguées.
On ne dispose plus que d'une seule racine caractéristique $r_1$, donc d'une seule famille de solutions $r_1^n$ : il en manque une seconde, indépendante, pour engendrer tout l'espace des solutions. On introduit alors le facteur $n$ : les solutions deviennent $\big[(\lambda n+\mu)r_1^n\big]_{n\in\mathbb{N}}$.
Non : le symbole $\sqrt{\phantom{x}}$ n'est défini que pour les réels positifs. Pour un réel négatif $A$, ses deux racines carrées complexes s'écrivent $\pm i\sqrt{-A}$ (ici $\pm i\sqrt3$), jamais « $\sqrt A$ » au sens usuel — c'est une confusion classique et pénalisée.
Non, en général $\dfrac1z=\dfrac{\bar z}{|z|^2}$ : l'égalité $\dfrac1z=\bar z$ n'est vraie que dans le cas particulier où $|z|=1$ (module 1), par exemple pour $z=\mathrm{e}^{i\theta}$.
Si $M$ est l'image de $z$, alors $\rho=OM=|z|$ (la distance de $M$ à l'origine) et $\theta=\arg(z)=(\vec\imath,\overrightarrow{OM})$ (l'angle orienté entre l'axe des réels et $\overrightarrow{OM}$). L'écriture exponentielle est donc l'exacte traduction algébrique des coordonnées polaires de $M$.
L'équation caractéristique $az^2+bz+c=0$ peut avoir un discriminant négatif, auquel cas ses racines $r_1,r_2$ sont complexes (conjuguées) même si $a,b,c$ sont réels. La base de solutions $(r_1^n,r_2^n)$ vit alors dans $\mathbb{C}$ ; ce n'est qu'en choisissant des constantes $\lambda,\mu$ complexes conjuguées adaptées aux conditions initiales que la combinaison $\lambda r_1^n+\mu r_2^n$ redevient réelle.
Sources & Références
- Programme officiel de Mathématiques en CPGE PCSI — Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
- Notes manuscrites de cours de Clarisse — Chapitre 2 : Nombres complexes.
- Ouvrages de référence : H-Prépa Mathématiques PCSI (Analyse 1ère année), Tout-en-un Mathématiques PCSI (Dunod).